Lettre de marché - Septembre 2026

Devises : l’euro progresse face au dollar, tandis que le yen reste faible
EURUSD : L’EURUSD évolue autour de 1,165-1,167, contre 1,1485 fin juillet, soit une hausse d’environ 1,5 % depuis le début du mois. Cette progression reflète surtout l’affaiblissement du dollar, pénalisé par les inquiétudes persistantes autour des finances publiques américaines et par le niveau élevé des taux obligataires à long terme.
Le rendement du Treasury à 10 ans évolue autour de 4,65 %, tandis que celui à 30 ans reste proche de 5,18 %. La dette publique américaine a par ailleurs franchi les 40 000 milliards de dollars en août, ce qui continue d’alimenter les préoccupations budgétaires.
La Réserve fédérale maintient une politique restrictive, avec un taux directeur compris entre 3,50 % et 3,75 %. L’inflation CPI a ralenti à 3,4 % en juillet, contre 3,5 % en juin, mais l’indice PCE, davantage suivi par la Fed, reste élevé à 3,7 %. Les marchés continuent donc d’anticiper une politique monétaire prudente.
EURCHF : L’EURCHF évolue autour de 0,938, contre 0,9304 fin juillet, soit une progression d’environ 0,8 %.
Le différentiel de taux reste favorable à l’euro : la Banque nationale suisse maintient son taux directeur à 0 %, contre 2,25 % pour le taux de dépôt de la BCE. Le franc suisse conserve néanmoins son rôle de valeur refuge et peut rapidement se renforcer en période de tensions sur les marchés.
La BNS reste également prête à intervenir sur le marché des changes si le franc s’apprécie trop fortement.
EURCNY : L’EURCNY évolue autour de 7,84, contre 7,7539 fin juillet, soit une hausse d’environ 1,1 %. Dans le même temps, le yuan s’est légèrement renforcé face au dollar, avec un USDCNY proche de 6,72.
La Banque populaire de Chine a maintenu en août ses taux préférentiels des prêts à 3,0 % à un an et 3,5 % à cinq ans, pour le quinzième mois consécutif. Les autorités privilégient pour l’instant les mesures budgétaires plutôt qu’une nouvelle baisse des taux.
La conjoncture reste toutefois fragile. L’inflation a ralenti à 0,5 % en juillet, la production industrielle à +4,5 % et les ventes au détail à seulement +0,6 %. Le PMI manufacturier s’est établi à 49,2 et le PMI composite à 49,3, tous deux sous le seuil de 50 signalant une contraction de l’activité.
EURJPY : L’EURJPY évolue autour de 185,6, contre 184,03 fin juillet, soit une progression proche de 0,9 %.
Le yen reste faible, avec l’USDJPY autour de 159,3, malgré le durcissement progressif de la politique monétaire japonaise. La Banque du Japon maintient son taux directeur à 1 %, tandis que les anticipations d’une nouvelle hausse se sont renforcées en août.
L’inflation japonaise est remontée à 1,9 % en juillet, contre environ 1,6 % en juin, tandis que l’inflation sous-jacente a atteint 1,8 %, se rapprochant de l’objectif de 2 % de la BoJ.
Les indicateurs d’activité restent solides : le PMI manufacturier flash est ressorti à 55,1 et le PMI services à 52,3. Cette combinaison entre activité résistante, faiblesse du yen et remontée progressive de l’inflation renforce les attentes d’une nouvelle hausse des taux de la Banque du Japon.



Taux d’intérêt : statu quo des banques centrales, sous pression de l’inflation
États-Unis : La Réserve fédérale n’a pas tenu de nouvelle réunion en août. Son taux directeur reste donc inchangé dans la fourchette 3,50 %-3,75 %.
L’inflation a légèrement ralenti en juillet, avec un CPI à 3,4 % sur un an, contre 3,5 % en juin. Les données PCE publiées le 26 août restent toutefois élevées : l’indice global atteint 3,7 % et le PCE sous-jacent 3,3 %, entretenant les anticipations d’une possible nouvelle hausse des taux.
Le marché du travail montre parallèlement des signes de ralentissement, avec une baisse de 23 000 emplois non agricoles en juillet et un taux de chômage à 4,1 %. La croissance a également décéléré, le PIB progressant de 1,5 % en rythme annualisé au deuxième trimestre.
Les taux longs restent enfin élevés : le Treasury à 10 ans évolue autour de 4,64 %-4,66 % et le 30 ans autour de 5,18 %, sur fond d’inquiétudes liées à l’inflation, au déficit et à la dette publique.
Zone euro : La BCE n’a pas tenu de nouvelle réunion en août. Le taux de refinancement reste à 2,40 %, le taux de dépôt à 2,25 % et le taux de prêt marginal à 2,65 %. Avec une inflation toujours proche de 3 % et une activité qui résiste, le biais de politique monétaire s’est toutefois nettement durci.
Le marché anticipe désormais une nouvelle hausse de taux dès septembre et intègre environ deux hausses de 25 points de base d’ici début 2027, ce qui porterait le taux de dépôt vers 2,75 %. La probabilité d’un mouvement supplémentaire augmente également : les marchés attribuent désormais une probabilité significative à un taux de dépôt pouvant atteindre 3 % courant 2027.
Cette remontée des anticipations se retrouve également sur les taux de marché. Le swap euro à 5 ans évolue autour de 3,1 %, contre environ 3,0 % début août, traduisant une remontée du coût de financement à moyen terme et l’anticipation de taux durablement plus élevés.
Royaume-Uni : La Banque d’Angleterre n’a pas tenu de nouvelle réunion en août. Son taux directeur reste à 3,75 %, après une décision prise fin juillet par six voix contre trois.
L’inflation britannique est remontée à 2,9 % en juillet, contre 2,6 % en juin. Les anticipations d’inflation des ménages ont également progressé, à 3,9 % à un an et 4,1 % à plus long terme, incitant la banque centrale à rester prudente.
L’activité économique résiste toutefois, avec un PMI composite à 52,5, soutenu par les services à 52,8 et l’industrie manufacturière à 51,5.
Sur le plan budgétaire, le gouvernement d’Andy Burnham prépare son premier budget pour le 28 octobre. Les emprunts publics ont déjà atteint 56,7 milliards de livres, soit 2,3 milliards de plus que prévu. Le rendement du gilt à 10 ans reste proche de 5 %, maintenant des coûts de financement élevés.
Japon : La Banque du Japon n’a pas tenu de nouvelle réunion en août. Elle avait maintenu son taux directeur à 1 % fin juillet, après l’avoir relevé en juin.
Les attentes d’une nouvelle hausse se sont néanmoins renforcées au cours du mois. Plusieurs responsables de la BoJ ont signalé qu’un nouveau relèvement pourrait être nécessaire si les pressions inflationnistes persistent, tandis qu’une majorité d’économistes interrogés par Reuters anticipe désormais un taux à 1,25 % en septembre.
L’inflation japonaise est remontée à 1,9 % en juillet, tandis que l’inflation hors produits alimentaires frais atteint 1,8 %. La faiblesse du yen et la hausse des coûts d’importation pourraient continuer d’alimenter les prix.
Le financement en yens reste moins coûteux que dans les autres grandes économies développées, mais son coût devrait progressivement augmenter si la BoJ poursuit la normalisation de sa politique monétaire.
Chine : La Chine a maintenu ses principaux taux de référence inchangés le 20 août. Le taux préférentiel des prêts reste à 3,0 % à un an et 3,50 % à cinq ans, pour le quinzième mois consécutif.
Les pressions inflationnistes restent faibles, avec une inflation limitée à 0,5 % en juillet. L’activité montre également des signes de ralentissement : la production industrielle a progressé de 4,5 % sur un an, tandis que les ventes au détail n’ont augmenté que de 0,6 %.
Dans ce contexte, les autorités privilégient pour l’instant les mesures budgétaires et les dépenses d’infrastructure plutôt qu’une nouvelle baisse des taux.
Pour les entreprises, le financement en yuans reste relativement accessible. Les principales difficultés viennent davantage de la faiblesse de la demande intérieure, du ralentissement de l’investissement et des tensions persistantes dans le secteur immobilier.


Matières premières : prix de l'énergie, de l'or et de la location de processeurs graphiques (GPU) à la hausse
Pétrole : Le Brent reste très volatil en août, autour de 86,8 dollars le baril au 27 août, contre 90,12 dollars fin juillet, après avoir dépassé 94 dollars le 21 août. Mais le principal point de tension se situe aujourd’hui davantage sur les produits raffinés que sur le brut lui-même. Le diesel reste à des niveaux très élevés et les crack spreads, qui mesurent l’écart entre le prix du produit raffiné et celui du pétrole brut, restent exceptionnellement tendus. Autrement dit, même lorsque le Brent se replie, le coût du diesel ne baisse pas dans les mêmes proportions.
Cette situation s’explique par les perturbations du raffinage, les difficultés logistiques et les flux encore contraints dans la région du détroit d’Ormuz. Le marché dispose donc de brut, mais la disponibilité des produits finis, notamment du diesel, reste beaucoup plus limitée. Pour les entreprises du transport, de la logistique et de la chimie, le véritable stress sur les coûts énergétiques vient ainsi davantage du prix du diesel et des marges de raffinage que du niveau du Brent pris isolément. Tant que ces tensions persistent, une détente du pétrole brut ne se traduira pas forcément par une baisse rapide des coûts pour les utilisateurs finaux.
Or : L’or a fortement progressé en août et évolue autour de 4 620 dollars l’once, contre environ 4 050 dollars fin juillet, soit une hausse proche de 14 %. Il a même approché 4 700 dollars le 25 août.
Cette hausse est soutenue par les tensions géopolitiques, les inquiétudes concernant la dette américaine et l’affaiblissement du dollar. L’or reste néanmoins sensible à l’évolution des taux américains et aux décisions de la Réserve fédérale.
Soufre : Le soufre évolue autour de 9 100 à 9 200 CNY par tonne. Son prix reste globalement stable sur le mois, mais demeure environ 250 % plus élevé qu’un an auparavant.
Il reste inférieur au record de 11 084 CNY par tonne atteint en juin, mais conserve un niveau historiquement élevé. Les perturbations logistiques au Moyen-Orient et la faiblesse des stocks chinois continuent de soutenir les prix.
Cette situation pèse notamment sur les producteurs d’engrais, l’agriculture, la chimie et certaines activités minières.
Gaz naturel / LNG : Aux États-Unis, le gaz naturel reste relativement contenu, autour de 2,7 à 2,8 dollars par million de BTU, grâce à une production élevée et à des stocks confortables.
En Europe, la situation est plus tendue. Le TTF évolue autour de 66 euros par MWh, contre environ 59 euros fin juillet, soit une hausse proche de 12 %. Les stocks européens atteignent seulement 62 % à 63 % de leur capacité, contre environ 74 % un an auparavant.
Les perturbations des exportations du Moyen-Orient et la concurrence avec l’Asie pour les cargaisons de GNL maintiennent donc une pression sur les prix. Les industries européennes fortement consommatrices de gaz restent particulièrement exposées à l’approche de l’hiver.
GPU / IA : Le coût des capacités de calcul reste élevé, porté par une forte demande pour les GPU les plus performants. Les nouvelles générations Blackwell B200 et B300 prennent une place croissante dans les infrastructures d’intelligence artificielle.
Chez Lambda, un B200 coûte environ 6,69 à 6,99 dollars par GPU et par heure, contre environ 4 dollars pour un H100. Chez CoreWeave, le tarif atteint environ 8,60 dollars par GPU et par heure.
La demande reste très forte : les revenus de Nvidia dans les centres de données ont progressé de 117 % sur un an, tandis que les investissements des grandes entreprises technologiques dans l’IA devraient dépasser 730 milliards de dollars en 2026.
Le coût réel reste par ailleurs supérieur au seul prix des GPU, puisqu’il faut également intégrer l’électricité, le refroidissement, le stockage et les infrastructures des centres de données.
Cuivre : Le cuivre reste proche de ses records, autour de 14 300 à 14 400 dollars la tonne à Londres, soit une hausse d’environ 4 % depuis fin juillet. Aux États-Unis, les contrats ont récemment dépassé 6,70 dollars la livre.
Le marché reste tendu en raison de stocks limités à Londres et d’une réorientation d’une partie des flux vers les États-Unis.
À plus long terme, la demande reste soutenue par les réseaux électriques, les véhicules électriques, les infrastructures énergétiques et l’essor des centres de données liés à l’IA. Ces prix élevés continuent donc de renchérir les câbles, équipements électriques, systèmes de refroidissement et certains composants industriels.



Cette lettre de marché a été rédigée le 31/08/2026.

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